UN DE MES ARTICLES (AU HASARD) :

" Un point important à souligner et qui devrait suffire à lui seul à démontrer en quoi Idriss Aberkane est un ennemi des luttes sociales [...] : parmi ses clients, on retrouve le MEDEF Gironde, GDF Suez, Engie et Eiffage, pour n’en citer que quelques-uns.

L’un des objectifs que vise la médiatisation d’Aberkane – n’ayons pas peur de le dire – est à terme de promouvoir le contrôle de l’ADN, c’est-à-dire, ni plus ni moins, le contrôle immédiat et définitif de toute l’humanité. Il ne tait pas uniquement le fait que la plupart de ces brillantes inventions appartiennent et continueront d’appartenir aux industriels par le truchement des brevets, outils de contrôle par excellence, il fait l’impasse, volontairement, sur le fait qu’à terme, tout aura été analysé, contrôlé, et sera devenu propriété privée, et lucrative.
 

Cette rentabilisation totale du monde ne saurait nous sauver. Pire, elle participe à creuser toujours plus le trou dans lequel nous nous enfonçons. La matérialité demeurera un facteur de première importance, et il faut combattre le paradigme d’Aberkane, qui n’est autre qu’une tentative de rendre indépassable la société industrielle en l’identifiant, dans l’esprit de tous, à la Nature. "

Le 3 septembre 2016, je parlais d'Idriss Aberkane dans cet article.
Il nous parlait très bien d'économie de la connaissance et de biomimétisme.
J'avoue avoir été rapidement séduit par les idées évoquées, et surtout par les exemples cités qui, pour moi, mettent en valeur l'idée que la Nature est sublime, au-dessus de toutes nos technologies actuelles... Un peu d'humilité ne fait jamais de mal.

" La nature est une bibliothèque, lisons-la au lieu de la brûler ", répète-il sans cesse, sur tous les médias.
Et si finalement ce monsieur souhaitait bien la brûler, mais pour ses propres intérêts ?

Parce qu'il faut toujours se demander "à qui profite le crime", parce qu'il faut toujours prendre le temps d'analyser les motivations d'un individu, quel que soit son discours (et surtout si celui-ci est attirant), voici une critique bien argumentée de I. Aberkane et de ses idées qui gagnent du terrain :

http://partage-le.com/2016/10/la-nuisance-progressiste-lexemple-didriss-aberkane-par-kevin-amara/

Source de l'image : http://partage-le.com/wp-content/uploads/2016/10/idriss-777x437.png

 

Quelques extraits intéressants, mais je vous encourage à tout lire, pour vous faire votre propre idée : 

On rappellera à Aberkane que nous avons totalement oublié les propriétés, et pire encore, l’utilisation qui était encore quotidienne quelques décennies auparavant des plantes et herbes médicinales que l’on trouve sous nos contrées. Nous avons Wikipédia, qui est une somme de connaissances, mais le cerveau collectif a oublié jusqu’à la distinction qu’il convient de faire entre la châtaigne et le marron. Notre époque est riche d’informations mais bien pauvre d’expériences.

Idriss Aberkane poursuit alors en affirmant qu’un « kilo de connaissance plus un kilo de connaissance égalent trois kilos de connaissance », et se félicite de savoir que Bill Gates, l’une des fortunes les plus colossales au monde, ne vend pas du matériel mais de l’immatériel : du logiciel.
Les composants nécessaires à la fabrication d’un ordinateur, lui-même nécessaire à la création de tel ou tel logiciel, nécessitent un lent travail d’extraction, d’ouvrir sempiternellement de nouvelles mines, et/ou d’élargir les anciennes, et nous enferment toujours plus dans la société industrielle.

Aberkane prend en exemple la guerre civile américaine et se propose d’en expliquer les facteurs et la finalité.
Selon lui, la cause profonde de cette guerre aurait été l’incroyable bond de productivité des pays du Nord après que ces derniers soient passés à l’industrie, et à la machine à vapeur. Une machine à vapeur produisant nettement plus, et dans un temps bien plus court, qu’un groupe d’esclaves, le Sud n’aurait plus été en mesure de rivaliser, et aurait ainsi fini par déclarer la guerre à son voisin.
Cependant, il oublie – à nouveau – une chose : le moteur de l’industrialisation n’est pas simplement la connaissance ayant permis de créer les machines et de les agencer entre elles pour les rendre productives, c’est aussi et surtout l’exploitation des ressources énergétiques comme le charbon et le pétrole.

La question qui importe réellement n’est pas de savoir quoi exploiter pour produire de l’énergie, mais bien plutôt de savoir comment apprendre à s’en passer.

« Si on exploite la nature comme une source de matière première, on est destiné à la diviser et à la détruire ».
Là encore, le caractère insidieux de sa pensée apparait nettement. Lui qui fait l’apologie de toujours plus de développement hautement technologique, de nanotechnologies en tous genres, d’où pense-t-il que proviennent les matières premières nécessaires à tout ceci ?

« Si on l’exploite aussi comme une source de connaissance, eh bien il n’y a plus de conflit d’intérêt entre croissance et nature ». On comprend ici son véritable objectif, qui est de servir l’idéologie de la croissance. Soulignons le « aussi », qui implique que, pour lui, la nature doit bien être exploitée comme une source de matières premières, et donc selon ses propres mots, « on est destiné à la diviser et à la détruire ».

« La nature, en fait, elle est high-tech ». Finalement, Idriss Aberkane n’est qu’un nouvel apologiste de toujours plus de la même chose, de toujours plus de développement hautement technologique, de toujours plus d’idéologie de croissance et de toujours plus d’exploitation de la nature. Seulement, son apologie de ce qui constitue en réalité les maux que nous devrions combattre se dissimule derrière une admiration (perverse) de la nature (en vue de continuer son exploitation).