UN DE MES ARTICLES (AU HASARD) :

" L’art d’Idriss Aberkane est un art subtil. Loin de la fraude manifeste, il se contente de déformer en douceur la réalité. "
 
" Mais au-delà du cas individuel, l’affaire met également en lumière une faiblesse des médias.
Car, de tous les journaux qui lui ont consacré des portraits, aucun n’a pris le temps de vérifier son parcours.
Devant un CV aussi « gargantuesque », le scepticisme est pourtant légitime... "

 Source : http://inscide.fr/affaire-aberkane/

Le 3 septembre 2016, je parlais positivement d'une conférence d'Idriss Aberkane, dans cet article.
Le 24 octobre 2016, je parlais négativement des motivations d'Idriss Aberkane, dans cet article.

Aujourd'hui, j'apprends, preuves à l'appui (cela fait d'ailleurs du bruit), que ce monsieur est malhonnête et menteur.
Plus précisément, il a menti sur son C.V. et son parcours professionnel, gonflant (beaucoup trop !) ses titres et diplômes.

Deux liens (sourcés et argumentés) pour vous en convaincre :

  1. Idriss Aberkane à l'épreuve des faits, du 30/10/2016
  2. Qui parle pour la science ? I. Aberkane ?, du 28/10/2016

 

Idriss Aberkane :

- se présente comme professeur à Polytechnique, ce qu'a démenti officiellement l'institution.
En fait il a été doctorant à Paris-Saclay, dans un laboratoire basé sur le campus de Polytechnique.

 

- se présente comme affilié au CNRS, ce que dément une recherche dans l'annuaire du CNRS qui pourtant comprend même les personnels des universités qui font leur recherche dans un labo où le CNRS a des billes

 

- se présente comme enseignant-chercheur à Centrale Supélec alors que cette institution aussi l'a démenti officiellement.
Il est en fait enseignant au MS Stratégie et développement d’affaires internationales de EM Lyon, co-accrédité par Centrale-Supelec https://t.co/ArJEXdPDBd

 

- se présente comme chercheur affilié à Stanford alors qu'il est "affiliate scholar" du Kozmetsky Global Collaboratory, qui est lui même une organisation philanthropique affiliée à Stanford.
Au final il n'est pas dans l'annuaire de Stanford https://t.co/G5A2UvK9GF

 

- se présente comme "interne à l'université de Cambridge", c'est à dire qu'il a été stagiaire ("intern" en anglais) là bas un été

 

- se présente comme émissaire de l'UNESCO.
Il est en fait Ambassadeur de UniTwin CS-DC, un organisme faisant le lien entre UNESCO et université dont font partie les directeurs de sa 2eme thèse.
Il n'est jamais nommé sur le site de l'UNESCO proprement dit

 

- se présente comme Normalien, ce qui veut dire avoir réussi le concours d'entrée à l'école Normale Supérieure (concours d'entrée dans la fonction publique) et y avoir suivi ses études comme fonctionnaire stagiaire. Il y a bien suivi des études, mais en tant qu'auditeur admis sur dossier. Je connais des auditeurs des ENS très bie, c'est le plus petit abus de langage de la liste

 

- dit avoir fait le "Cogmaster", le Master Recherche en Sciences Cognitives co-habilité entre autre par l'ENS de la rue d'Ulm.
Il n'est pas recensé dans la liste des anciens élèves http://sapience.dec.ens.fr/cogmaster/www/f_01_archives.php

 

- se présente comme comme ayant 3 "PhD" dans des domaines très différents soutenus à un an d'intervalle.
En anglais PhD veut dire doctorat et correspond à une thèse d'au moins 3 ans, mais le terme n'est pas légalement protégé en France.
Le premier "PhD" a été obtenu auprès d'une institution https://t.co/GgX5MI3otr non agrémentée par l'état. Elle demande des droits d'inscription très élevés (8 650 € par an pour s’inscrire puis 600€ de « droit de soutenance »). Je n'ai pas dit que ce diplôme bidon a été "acheté", mais bon, on sait tous ce que valent les écoles qui ont des pubs dans le métro.

 

- le second doctorat soutenu le 16-06-2014 en littérature comparée avec comme président du jury un prof d'informatique : http://theses.fr/2014STRAC005

 

- Il n'a qu'une seule publication recensée qui ait été revue par les pairs (jugée par d'autres spécialistes du domaine) et il s'agit d'un résumé pour une conférence quand il avait 21 ans et qui n'a pas donné lieu à un article ensuite.

 

Vous allez dire que je m'acharne et qu'il dit quand même des trucs bien. Mais peut-on être imprécis voire malhonnête dans la présentation de son propre parcours et être pertinent sur le reste ? Non, et c'est pour ça que la fraude est le péché majeur des scientifiques. La science repose sur l'honnêteté des chercheurs. Donc si tu te montres malhonnête, tu te disqualifies scientifiquement car on ne peut plus te croire. On peut être maladroit, imprécis, faire des erreurs. Mais malhonnête, c'est inacceptable.

 

Tiré d'un post Facebook de Mathieu Leocmach