On est tous habitué à voir des représentations de la structure de la Terre (dessins en coupe comme celui ci-dessous), et on en déduit une image intuitive sur ce qui se passe à l'intérieur de notre planète.



Par exemple que les continents flotteraient sur du magma en fusion... Eh bien NON, le manteau n’est même pas liquide !
Quant au noyau, il convient de distinguer noyau externe et noyau interne (la graine) car cela dépend de la pression (voir vidéo ci-dessus).
Dans les représentations de la Terre, le « rouge/orange » entretient cette confusion, et on pourrait par exemple le remplacer par du vert, couleur de l’olivine (Mg,Fe)2SiO4.
Comme l'écrit Marine Lasbleis sur son superbe blog (toutlabasendessous.wordpress.com), avec un manteau vert, c’est plus difficile de penser que le manteau est liquide, non ? Comme sur ce dessin provenant d’un article de Pierre Thomas et Stéphane Labrosse :



Dans cette excellente vidéo (comme toujours) de David Louapre (alias ScienceEtonnante), on peut voir de quoi est fait l'intérieur de la Terre, et comment les scientifiques font pour le savoir alors qu'ils ne peuvent même pas y aller *. C'est essentiel pour bien comprendre que les scientifiques ne savent pas des vérités : ils proposent des modèles, les plus réailstes possibles, à partir de données plus ou moins exploitables. NON, la science ne sait pas tout expliquer (bien heureusement), il s'agit de théories.
Un scientifique devrait donc, par essence, douter constamment et ne pas affirmer qu'il sait comme on le voit trop souvent !
* le rayon de la Terre mesure environ 6350 km. Or, le trou le plus profond jamais creusé est le forage de Kola (Russie) et va jusqu'à 12 km de profondeur.

 

Un autre point évoqué dans la vidéo et sur le billet qui l'accompagne (ici) : fait-il vraiment 5000 °C dans le noyau ?

Eh bien, on n'en sait rien, comme souvent en sciences, mais on a une idée !
En effet, les mesures sismiques fournissent un positionnement relativement précis de la position de l’interface liquide/solide du noyau, mais les mesures de fusion en laboratoire sont pleines d’incertitudes (mesures compliquées à très haute température, très haute pression, sur des échantillons minuscules, et dans lesquelles les impuretés jouent un rôle essentiel). Or il se trouve que l’on ignore quelle est la composition exacte du noyau, et notamment les éléments présents en plus petites quantités qui peuvent affecter la fusion. Par conséquent, toutes les incertitudes sur les mesures de fusion en laboratoire se traduisent par des incertitudes sur l’estimation de la température qui règne dans le noyau. Et cela peut varier de plus ou moins 1000 degrés !
Récemment, des mesures plus récentes par un labo français ont suggéré de repousser cette limite d’environ 1000 degrés par rapport aux valeurs usuelles. D’après cette publication, la température à l’interface liquide/solide du noyau se situerait plutôt à 6000°C plus ou moins 500 degrés !

 

Pour plus de détails (après avoir vu la vidéo), voir l'excellent billet qui accompagne la vidéo, sur le site de D. Louapre :
https://sciencetonnante.wordpress.com/2017/10/17/voyage-au-centre-de-la-terre-video/

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