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Pour la première fois depuis 11 ans que j’enseigne, je serai en grève ce jeudi 5 décembre.
Je rappelle que, bien sûr, en agissant ainsi, je perds 1/30ème de mon salaire, y compris de ma prime ISOE (Indemnité de Suivi et d’Orientation des Élèves).

L’objectif d’une grève est de montrer un mécontentement, mais aussi de prouver qu’en mon absence l’établissement ne fonctionne pas normalement.
Animé par un souci de cohérence mais aussi une colère qui s’accentue année après année, c’est donc le cœur lourd que je ne serai ni en classe ni présent aux conseils de classes de mes deux Terminales ce soir-là.
J’aime mes élèves, je souhaite ardemment leur réussite et c’est aussi pourquoi je fais grève. Être présent à ces conseils de classes, ce serait faire comme si de rien n’était, tout en rendant service à ceux qui créent ma colère : ne pas être payé et travailler tout de même, pour que le système perdure, n’est pas acceptable.

Tant de fois j'ai hésité à faire grève, toujours avec de bonnes raisons, toujours à faire passer le bien de mes élèves avant le reste : sauf que le bien de mes élèves est lié au mien, et participer en étant gréviste n’est pas rendre service à la cause que je défends. Il y aura toujours une raison de ne pas faire grève ou de la faire en continuant tout de même à faire mon travail, pour la bonne cause…
Enfin, assister à ces conseils alors que je suis en grève serait dangereux : je ne serais pas couvert en cas d’accident au lycée ou sur le trajet domicile-établissement.

 

Venons-en au fond du problème. Les raisons sont nombreuses de manifester :